Résultats de l’enquête consommateur

Afin de cerner les comportements, freins et attentes des consommateurs, l’étude Distro prévoyait dans sa démarche une enquête auprès des bretons. Entre mai et septembre 2016, nous sommes allés à la rencontre de 500 personnes, de 18 ans et plus, interrogées en vis-à-vis. Les résultats révèlent un vif intérêt pour la consigne.

Contenu et méthode de l’enquête

L’objectif étant d’être représentatif, l’étude a été menée selon la méthode des quotas : âge, sexe, département, mode de consommation. A partir de données statistiques sur la population et les lieux d’achats des boissons, les nombres de personnes ont été déterminés. Pour être le plus rigoureux, il était également important de réaliser cette enquête en face à face, et non pas téléphone ou par internet. Nous avons donc sillonné les 4 départements de la Bretagne administrative à votre rencontre, pour 66% à la sortie des grandes surfaces, 34% dans les magasins spécialisés (magasins bio 18%, caves à vin 8%) ou sur les marchés (8%).

Les questions ont été conçues pour balayer plusieurs thèmes :

  • Cerner la connaissance du public sur la consigne et sa réceptivité à son retour
  • Cerner les intentions si les boissons actuelles sont proposées en verre consigné à prix au litre au moins égal
  • Tester l’intérêt d’une proposition d’abandon de la restitution financière au profit d’une association.

La consigne ? un souhait des consommateurs

La première question posée était « connaissez-vous le principe de la consigne des bouteilles? » : sur les 500 personnes interrogées, seules 28 (5,6 %) disent ne pas connaître la consigne. Sans surprise, ce sont majoritairement les plus jeunes qui connaissent un peu moins (à 87% tout de même). Les plus de 60 ans ont une bonne mémoire et répondent positivement à  99,3 % !

D’ailleurs, 7% des personnes interrogées pratiquent encore la consigne. Principalement via les circuits de vente en direct des producteurs ou dans les caves spécialisées.

Point crucial pour notre projet : 

3 personnes sur 4 déclarent souhaiter acheter exclusivement en bouteilles consignées leurs boissons régionales à prix au litre identique.

questionnaire-enquete-distro11 % ne savent pas quel sera leur comportement le moment venu si cette option leur est à nouveau proposée. Ce qui signifie au final que 13 % seulement de la population enquêtée se déclare réticente à l’achat en bouteilles consignées. 

Ce sont les personnes enquêtées à la sortie des magasins bio ou des caves à vins qui arrivent en tête des intentions positives (90% et 86%) vis à vis de la consigne. Mais en sortie d’hypermarché, ce sont toujours 72 % des personnes qui demeurent favorables à l’achat exclusif en verre consigné (à prix au litre identique). La motivation est d’ailleurs très claire : 60% y voient une solution d’avenir pour réduire les déchets. A contrario, seuls 13% jugent la consigne trop contraignante pour le consommateur, et moins de 5% pensent que la consigne est définitivement révolue.

Une réaction très largement répandue et souvent entendue lors des entretiens :

« Je me demande souvent pourquoi cette pratique a été abandonnée ».


Les bretons aiment les boissons produites dans leur région !

Près de 80% des personnes déclarent consommer régulièrement des boissons produites en Bretagne. Les moins de 39 ans sont les plus amateurs de boissons régionales. C’est une observation encourageante quant au potentiel à venir de ce secteur économique. Ce n’est d’ailleurs pas le facteur prix qui arrive en tête des motifs de non consommations mais bien l’habitude pour la grande majorité de ces personnes.

Croisement intéressant qui confirme que la consigne n’est pas perçue comme appartenant définitivement au passé : ce sont les classes d’âge inférieures à 60 ans qui sont les plus favorables à son retour. Les réserves opposées par les plus de 60 ans relèvent souvent de la pénibilité de la logistique associée au retour des bouteilles.

Enfin, le pourcentage de consommateurs de boissons régionales varie peu selon que l’on habite en zone urbain (80,1 %) ou rurale (76,3%).

Expliquer et accompagner la réintroduction de la consigne

La question « A votre avis, la consigne est-elle plus écologique que le recyclage » livre un enseignement intéressant :

Près de 43 % des personnes ne se prononcent pas ou jugent négatif l’impact écologique de la consigne.

Ceci est plutôt sain car il est vrai que cet avantage n’est réel que sous certaines conditions. Un travail d’information doit donc être mené sur les paramètres qui rendent la consigne pertinente du point de vue environnemental, et ainsi expliquer pourquoi l’initiative portée par Distro est pertinente. Ce travail nécessitera de vulgariser les études ACV (Analyse de Cycle de Vie) faites aujourd’hui sur le sujet et de valider leur transposition sur notre territoire. Il devra également mettre en valeur les effets bénéfiques de la consigne pour la croissance des marchés régionaux et de la solidarité avec le tissu associatif. D’ores et déjà, suite à l’étude ACV faite en 2009 sur la région Alsace, nous savons qu’à l’échelle de la Bretagne, le bilan pourra être très positif dès le premier réemploi d’une bouteille.

Preuve que les bretons sont prêts à changer leurs habitudes : plus des 3/4 des enquêtés déclarent être prêts à acheter leurs boissons dans des caisses en plastique elles-mêmes consignées. Pour les petits conditionnements, ce sont les caisses de 6 et 12 qui recueillent en tout 73 % des suffrages. Toutes ces possibilités sont bien sûr prises en compte dans notre étude.

image1Dernier élément sondé : la possibilité offerte par les machines de déconsignation de laisser tout ou partie du montant de la consigne à une association de son choix. 86 % des personnes trouvent l’idée assez ou tout à fait intéressante. 77 % des personnes déclarent d’ailleurs être prêtes à donner la moitié à la totalité du remboursement de la consigne. 

Tous ces éléments sont très encourageants et valident l’intérêt de notre démarche. Un brin nostalgiques, les enquêtés ont souvent fait état de l’aspect ludique qu’avait la consigne dans leur souvenir d’enfant : « collecter les bouteilles et les rapporter était notre moyen de faire un peu d’argent de poche pour acheter des friandises ». En espérant bientôt pouvoir retrouver ce charme de la consigne, vous pouvez retrouver ici les résultats complets.