Pourquoi réemployer ?

La « consigne » désigne un système visant à récupérer un contenant (une bouteille par exemple) pour le réemployer pour le même usage (un nouveau remplissage). Très souvent, une petite somme d’argent est payée par le client lors de l’achat du produit, qui lui est restituée lorsqu’il rapporte sa bouteille vide. Cette bouteille vide est alors lavée pour être à nouveau embouteillée et vendue. Le verre étant très résistant, plusieurs cycles sont possibles. Encore utilisée dans les cafés, hôtels et restaurants, la consigne permet d’éviter 500 000 tonnes de déchets chaque année en France (source Ademe).

Cette vidéo résume parfaitement les grands avantages de la consigne. Elle est écologique, économique et créatrice d’emploi.

Ce fonctionnement ne doit pas être confondue avec le recyclage, qui désigne un procédé de traitement des déchets pour réintroduire la matière dans un nouveau cycle de production. Même si le recyclage porte en soi un objectif écologique, cette solution consomme elle-même de l’énergie (pour fondre le verre, …) qui doit être comparée aux autres modes possibles.


La consigne revient en France

partenaire distro logo_reseau_consigne_final-01Les acteurs faisant avancer la consigne en France se sont regroupés au sein du Réseau Consigne. Retrouvez plus d’informations sur l’intérêt de la consigne sur leur site: ici

En Alsace, la consigne ne s’est jamais arrêtée. Il s’agit de la seule région en France où a pu se maintenir à grande échelle une pratique de la consignation des bouteilles dans la distribution conventionnelle. On trouve toujours en particulier de la bière en bouteille 75cL consignée, commune aux brasseries Météor, Kanterbrau et Kronenbourg : ces brasseurs se sont accordés en 1975 sur un format commun de bouteille, qu’ils commercialisent depuis. Ce cas a fait l’objet d’une étude approfondie en 2009 par le cabinet Deroche Consultants (consultable sur le site de l’Ademe ici) pour comparer Verre Consigné et Verre Perdu. Tous les indicateurs environnementaux sont en faveur du verre consigné.

Plusieurs initiatives sont en cours dans d’autres régions. Dans le jura par exemple, le Clus’ter Jura met en place la consigne pour la consommation locale de boissons jurassiennes.

En Bretagne, Distro oeuvre pour réintroduire la consigne sur ce territoire à la fois producteur de boissons en fort volume et consommateur local de sa production.


Un net avantage écologique pour le verre consigné

L’ADEME étudie actuellement les systèmes de consigne en France. En 2011, elle estimait dans la fiche technique « Consigne pour les emballages boissons » est pertinente à une échelle régionale. Elle préconise :

La mise en place d’une consigne pour réemploi ou recyclage serait donc plutôt à encourager dans des contextes particuliers comme […] les circuits ménagers de dimension régionale.

Le recyclage du verre peut rendre moins intuitif ce constat. Pourtant, plusieurs études ont été menées dans des territoires où se pratique encore la consigne. Menées sous forme d’Analyses de Cycle de Vie (ACV), la majorité des études concluent à un effet de serre réduit entre 65% et 75%.

En 2009, l’étude ACV du cabinet Deroche Consultants a analysé l’exemple de l’Alsace, en comparant les bouteilles de bières de 75cL en verre consigné et en verre perdu. Les résultats ne laissent aucun doute : la plupart des impacts sont près de 5 fois moins importants dans le cas d’une bouteille consignée. Cette étude est particulièrement intéressante pour la Bretagne, puisque la distance de transport prise en compte (260km), correspond à la plus grande étendue du territoire breton (280km en Vitré et Crozon), validant la pertinence du projet Distro.


Un cadre réglementaire axé sur la prévention des déchets

Avec le soutien croissant de l’opinion publique les élus ont, depuis plusieurs années, votés des textes en faveur d’une amélioration de la situation en termes de déchets. Fort de cette sensibilité grandissante dans presque tous les pays de l’Union Européenne, le Parlement européen a voté en 2008 une Directive-cadre sur les déchets (2008/98/CE). Ce document établit une hiérarchie des actions relatives aux déchets que les Etats membres doivent appliquer prioritairement dans leur législation et dans leur politique. Cette hiérarchie s’applique évidemment aux emballages.

Ainsi, la prévention (ou réduction des déchets à la source), qui vient notamment à réduire à la source les déchets produits, apparaît prioritaire au sein de la directive. Suit ensuite, dans la hiérarchie, le réemploi puis, dans un troisième et quatrième temps, le recyclage de la matière (tel qu’il est actuellement largement pratiqué en France) et toute autre forme de valorisation. L’élimination, même lorsque l’opération permet une valorisation énergétique, apparaît logiquement comme la solution ultime.

En 2007, le Grenelle de l’environnement a repris les principes de la directive européenne et fixé (au travers de la loi promulguée en 2009) des objectifs chiffrés pour la France. Elle prévoyait notamment une baisse de la production d’ordures ménagères et assimilées de 7% par habitant sur la période 2008-2013. En 2014, le Plan National de Prévention des Déchets s’inscrit dans le contexte de la directive européenne et évoque la consigne :

Développer, lorsqu’il est pertinent, le système de l’emballage consigné en vue d’un réemploi

Enfin, la Loi sur la Transition Énergétique et la Croissance Verte de 2015 instaure un certain nombre d’objectifs et notamment :

La réduction de 10% des déchets ménagers et assimilés produits d’ici 2020.

La consigne est mode de consommation différent, qui nécessite une adaptation de tous les acteurs. Mais à l’image de la disparition des sacs plastiques et de la vaisselle jetable, elle apparaît comme une solution évidente au système actuel de consommation en « verre perdu ». Collecter le verre en contener, le transporter dans d’autres régions (+ de 500km), le broyer et le fondre à 1000°C pour fabriquer de nouvelles bouteilles ne répond plus à l‘exigence de baisse du volume de déchets.

Alors, on commence quand ?